Le premier vers d'un poème est souvent le dernier à être vraiment bon, et le premier à bloquer tout le reste s'il faut l'écrire parfait du premier coup.

Écrivez le premier vers en dernier

Rien n'oblige à commencer un poème par son premier vers. Écrivez d'abord ce qui est déjà clair dans votre tête — une image, une strophe du milieu — et revenez ensuite chercher l'entrée qui y mène le mieux.

Entrez par le concret, jamais par l'abstrait

« La vie est un mystère » n'ouvre aucune porte : c'est une affirmation que personne ne peut contester ni prolonger. « La lampe du couloir grésille depuis trois nuits » ouvre immédiatement un lieu, un temps, une attente. Le sens général du poème peut rester abstrait ; son premier vers doit être concret.

Évitez d'annoncer le poème

« Je vais vous parler de mon enfance » ou « Voici un poème sur l'amour » retardent le texte au lieu de le commencer. Le lecteur n'a pas besoin qu'on lui annonce le sujet : il le découvre en lisant.

Utilisez une question, une adresse, ou un geste

Trois entrées classiques et efficaces : poser une question (« Que reste-t-il d'une maison vendue ? »), s'adresser directement à quelqu'un ou quelque chose (« Toi qui pars sans te retourner »), ou décrire un geste précis en train de se faire (« Elle referme la valise sans la regarder »). Les trois plongent immédiatement dans une situation.

Ne cherchez pas la perfection du premier jet

Le premier vers écrit n'est presque jamais celui qui restera : il sert de rampe de lancement, et se retravaille — ou disparaît — une fois le poème terminé. Dans l'onglet Écrire de La Plume, rien n'empêche de revenir sur ce premier vers autant de fois que nécessaire, l'analyse se mettant à jour à chaque modification.

Le blocage du premier vers vient presque toujours de l'exigence qu'on lui impose avant même de l'avoir écrit. Baissez cette exigence, et le reste suit.