L'alexandrin est un vers de douze syllabes — ni onze, ni treize : douze, exactement, e muets et diérèses comptés selon les règles classiques.
Son nom vient d'un poème, pas d'une personne
Il tire son nom du « Roman d'Alexandre », un texte médiéval du XIIe siècle qui l'a popularisé en racontant les exploits d'Alexandre le Grand dans ce mètre. Il est devenu ensuite le vers de référence de la poésie française, de Racine à Baudelaire.
Il se coupe en deux, à la césure
L'alexandrin classique se divise en deux hémistiches de six syllabes chacun, séparés par une coupe nette appelée césure, généralement marquée par une pause syntaxique. Dans « Rome, l'unique objet // de mon ressentiment » (Corneille), la césure tombe exactement après la sixième syllabe.
Il structure la tragédie classique et une grande partie de la poésie française
Racine, Corneille et Molière l'utilisent quasi exclusivement au théâtre ; Hugo, Baudelaire et Verlaine l'ont ensuite étiré, cassé, enjambé, sans jamais l'abandonner tout à fait.
Il coexiste avec d'autres mètres
L'octosyllabe (huit syllabes) et le décasyllabe (dix syllabes) sont les deux autres mètres classiques les plus fréquents ; chacun donne au poème un rythme différent — plus rapide pour l'octosyllabe, plus ample pour l'alexandrin.
Comment reconnaître un alexandrin dans un texte
Comptez les syllabes de chaque vers en appliquant les règles du e muet et de la diérèse : si le compte tombe systématiquement sur douze, le poème est écrit en alexandrins. L'analyse de La Plume affiche ce compte vers par vers, ce qui rend la vérification immédiate même sur un texte long.
Comprendre l'alexandrin est la première étape avant d'essayer d'en écrire un soi-même — c'est l'objet de l'article suivant.